Capucine Lucas

Chorégraphe et danseuse

Capucine Lucas a été formée au Conservatoire de Nantes, puis à l’école de danse Rosella Hightower à Cannes.
En tant qu’interprète elle collabore entre autres avec Karine Saporta, Esther Aumatell, Cie Lo, Tamèrantong et Group Berth.
Elle est également diplômée d’État en danse contemporaine.
Dans la lettre d’intention qui suit, Capucine souhaite évoquer son parcours vers l’écriture chorégraphique pour les tout-petits.

« En 2010, je plonge dans le grand bain du spectacle Jeune Public en même temps que dans celui de la maternité.
Découvrir un spectacle avec ma fille de 1 an a été pour moi une révélation. 
La voir accrochée aux images, suspendue aux sons, intriguée par les autres spectateurs. Ce jour-là, nous avons partagé un moment unique qui m’a beaucoup émue.

Cela aiguise ma curiosité et me conduit ensuite vers une multitude d’autres spectacles jeune public, toutes disciplines confondues, tout aussi surprenants, sensibles, drôles et pertinents les uns que les autres.
Entre 2011 et 2013, la création du solo Mademoiselle Bulles  me permet de rencontrer le très jeune spectateur et d’affirmer mon envie de travailler pour un public intergénérationnel. 
Par la suite, je poursuis mes recherches en crèche durant  deux années (2013-2015) avec des Conversations dansées pour les tout-petits, sorte de laboratoire, d’espace et d’échange où l’on « donne la parole » aux enfants en les invitant à danser.
En 2015, je participe en parallèle à des rencontres professionnelles autour de la création artistique à destination du jeune enfant à travers trois festivals, Méli Môme à Reims, Petits Bonheurs à Montréal au Canada et Pépites à Charleroi en Belgique.
Plus j’avance dans cette aventure, plus je connais et je côtoie le très jeune enfant et plus je me sens libre et en confiance pour prendre des risques et aborder des sujets que j’estime forts à mes yeux. Je suis convaincue qu’il faut voir grand pour les tout-petits. 
D’un point de vue esthétique, je travaille à partir d’images qui viennent à moi de manière très intuitive. Je ne me pose jamais la question du sens au début. Je laisse aller mon imaginaire vers les couleurs, les formes et les énergies qui s’offrent à moi.
Ensuite le thème s’impose comme une évidence. Souvent je pars de mon histoire, de ce qui me touche. Et puis, avec les artistes qui m’entourent, on partage nos expériences de vie, on réfléchit, on crée du sens, on tente de mettre en mouvement nos émotions.

Mon parcours d’artiste gravite autour d’histoires et des de parcours de femmes.
Je suis souvent fascinée par celles-ci, leur engagement, leur combativité, leur énergie. 
Je puise mon inspiration dans la force d’individualités féminines qui me captivent, qu’elles soient proches ou anonymes. 

En 2017, Plume interroge la place de la femme dans le lien à son enfant en évoquant la complexité des liens mère-enfant dès la naissance.
En 2020, Les Joues Roses questionnent la place de la femme dans le lien à toutes les femmes qui l’ont précédée. 

Dans la poursuite de cette quête artistique autour d’histoires de femmes, je travaille à une prochaine pièce pour trois danseuses qui pourrait voir le jour en 2023. Elle porterait sur la question du genre, sur la quête identitaire des filles de tous âges en abordant le féminisme à travers des héroïnes, contemporaines ou historiques, réelles ou inventées. Il s’agira dans un premier temps de collecter des paroles et des dessins d’enfants concernant leur « super-héroïne » et de mettre en mouvement ces histoires. Pour ce projet et en collaboration avec la scénographe Lise Abaddie, je souhaite m’inspirer du peintre Cherel et ainsi imaginer un univers doux et ouaté avec pour première image en guise de point de départ trois balançoires suspendues au plafond.