Plume

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C’est en 2017 que naît Plume création chorégraphique pour deux danseuses et une musicienne.
A destination du jeune enfant à partir de deux ans, ce spectacle explore le sensible et nourrit l’imaginaire.Via la plume, symbole de douceur et de légèreté, chacun est invité à renouer avec toutes ces agréables sensations de plaisir liées à la matière.
Mais sans pour autant perdre de vue qu’avec la plume, tout n’est pas que tendresse ! Car, si on la retourne, voilà en effet qu’elle devient piquante…
Véritable plongée dans les réminiscences sensorielles des premiers jours de la vie et du cocon maternel, Plume n’en interroge pas moins la complexité et l’ambivalence des liens qui unissent l’enfant à sa mère.

 

Sa conceptrice, la chorégraphique Capucine Lucas, nous en raconte la genèse :  

« Avec Plume j’ai souhaité revenir à ce lien si particulier qui unit la mère à son tout-petit. J’ai eu envie de revenir aux premières sensations in utero, à cette idée de plaisir que l’enfant peut ressentir dans ce cocon : comment son corps se meut dans ce liquide amniotique, cette légèreté et cette fluidité qu’il peut traverser dans ses mouvements. Et puis vient ensuite la naissance, la rencontre dans l’autre monde, les bras de sa mère, le contact avec la peau, cette nouvelle façon de respirer, de bouger. Quelle force d’adaptation doit-il trouver à cet instant-là !

Pour la mère qui accueille cet enfant, cela me semble être un moment magique et à la fois déstabilisant. La fatigue, la pression sociale, le manque de recul font que cette relation peut tour à tour être délicieuse et étouffante.

Je me suis donc peu à peu intéressée à cette question du lien que je trouve très ambivalent. J’ai lu Mère épuisée de Stéphanie Allenou, Le Conflit : La femme et la mère d’Elisabeth Badinter. J’ai rencontré Sophie Marinopoulos, psychologue-psychanalyste spécialiste de l’enfance et de la famille ainsi que Cécile El-Mehdi, une psychologue très en lien avec les professionnels du spectacle vivant qui la sollicitent souvent pour les éclairer sur le lien mère-enfant.

Toutes ces questions de femmes et de tabous sur la difficulté d’être mère me touchaient particulièrement car avec trois petites filles en bas âge, dont des jumelles, j’étais moi aussi en tant que jeune maman confrontée à ces interrogations.

Je comprenais et vivais cette dualité en tant que femme, mère et artiste.
Plume est donc née de cette réflexion, la mère à l’image de la Plume. Douce et piquante à la fois.
J’avais envie de traverser ce lien si particulier qui unit le bébé à sa mère sous forme d’un poème dansé. »

Les artistes ont ainsi exploré la relation mère-enfant à travers les différents âges, interrogeant également la relation à la fratrie, à l’autre en général. Toutes ces interactions occasionnent des attitudes et comportements que nous avons traduits artistiquement :

Réclamer l’attention de l’autre et ne pas être entendu, être dans le mimétisme et dans le jeu, du côté des enfants.
Vouloir bien faire, être lasse, lâcher prise, s’effondrer, se relever, s’affranchir… pour ce qui est des mamans.
Et enfin cette idée qu’un jour les rôles s’inversent, que c’est l’enfant qui prend soin de sa mère et l’accompagne à son tour.

 Un fil narratif compréhensible de tous

 Plume s’ouvre dans une ambiance sobre et retenue.

Le spectacle commence dans le silence avant que ne soit rendu audible un rythme sec et épuré, une sorte de battement intrigant.

Sur scène, on découvre un personnage vêtu de blanc avec une coiffe de plume blanche. Une musicienne au lointain est dans la pénombre, habillée de noir avec une guitare bleue, entourée d’instruments. On devine également un autre corps allongé sur le sol.

Peu à peu ce personnage enfantin et naïf orné de sa coiffe va nous faire basculer dans un autre univers. Sa présence si douce laisse place à un être étrange, animal. En se retournant, la coiffe de plume blanche nous donne à voir une colonne vertébrale qui ondule avec une qualité de mouvement épaisse, à la fois dense et intense. Le rythme se dédouble et se dilate au gré des mouvements. Nous sommes avant la naissance.

Une fois qu’elle retire sa coiffe et l’abandonne, elle s’enfonce dans le sol pour donner vie à l’autre personnage étendu sur le sol.

Entre douceur et plaisir, la danseuse allongée au sol tourne sur elle-même. A travers une qualité de mouvement liquide elle explore des souvenirs de la vie in utero.

Une rupture musicale s’opère alors : nous entrons dans une ambiance douce et feutrée.
Au fur et à mesure le personnage gravite pour accéder à la verticalité. La danseuse lutte pour apprivoiser ses appuis. Ses mouvements se désarticulent et laissent place à des chutes qui la ramènent au point de départ.

Dans la chorégraphie comme dans la musique, nous travaillons sur une notion de boucle en avant et en arrière. La répétition nous plonge dans un état hypnotique et permet au spectateur de s’approprier la musicalité du mouvement. La danse au sol est faite d’élans, de suspensions, d’arrêts et de cassures.

Vient ensuite une chorégraphie faite de lignes, de suspensions et de déséquilibres :

Aller d’un point à l’autre en mobilisant une articulation pour en faire le moteur de la danse.

Défendre une gestuelle faite d’accents, de secousses et de surprises.

Sous les yeux du public, c’est une danse virevoltante tout en légèreté, entre chutes et tournoiements, qui se déploie au fil du spectacle.

 

Une place centrale accordée à la musique

Le parti pris musical du spectacle Plume gravite autour des notions de douceur, d’étrangeté et de « dé-réalité ». Des instruments (Glogkenspiel, kalimba) sont utilisés avec leur son naturel mais se trouvent aussi « déréalisés » ou détournés, à l’aide d’effets, de pédales, et de traitements du son. Ce qui leur permet de produire une riche palette de sons et d’impressions.

L’ambition sonore a été de travailler autour de la texture de la musique qui se veut évolutive au fil du spectacle.

Ainsi celle-ci enveloppe les spectateurs au moyen d’effets stéréo diffus et accompagne les notions de réel et d’imaginaire, d’ambivalence et de légèreté.

Tout ceci se fait au travers à la fois des mélodies, des instruments utilisés (guitare électrique, glockenspiel, kalimba, peigne à cheveux, synthétiseur, son de cloches, d’orgue bashet, d’orgue de Cristal, rythmes électroniques), et de la manière dont leur son est traité.

La musique est donc appréhendée comme une matière sonore impressionniste.

Une scénographie pensée pour favoriser les échanges

Par la scénographie, nous voulons créer une atmosphère douce où le public est en totale immersion. La scène est divisée en deux, les spectateurs sont invités à se rendre sur le plateau et à vivre ce qui se joue dans une très grande proximité avec les artistes.

Dans un climat de bienveillance, les danseuses accompagnent les enfants dès leur entrée en salle et les raccompagnent en leur offrant une plume à chacun à l’issue du spectacle. Cette relation aux spectateurs est primordiale pour instaurer un climat de confiance.

Deux enfants sont également invités à venir s’immerger et danser dans les Plumes. C’est un moment souvent inattendu et très émouvant pour tous. 

Un parti pris esthétique où le blanc l’emporte sur le noir

Tout part d’un tableau noir et vide où seuls les costumes des danseuses apportent une touche de blanc et de lumière. Progressivement, une multitude de plumes vient investir l’espace scénique. Le travail dansé s’articule également via le recours à des accessoires tout aussi immaculé : des sacs blancs de différentes tailles, des éventails géants de plumes blanches et une coiffe de plumes blanches qui renvoient à une certaine animalité. On peut y voir la présence d’un oiseau qui au fur et à mesure déploie ses ailes.

 

Le blanc finit par envahir le plateau noir, des plumes sont suspendues dans les airs et le sol est recouvert lui aussi de ces plumes blanches, ce qui apporte grandeur et luminosité.

 

Ce travail de scénographie s’est inspiré de celui de la plasticienne d’origine irlandaise Claire Morgan. Ses suspensions organiques aériennes faites d’une multitude de plumes suspendues émeuvent par la pureté de leur sophistication, la puissance répétitive de leurs géométries naturelles et l’incroyable émotion qui se dégage de ces mises en scène figées et pourtant si animées.

 

 

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